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croissance économique
: le marché des seniors, une source de croissance
pour les entreprises

Frédéric Serrière
: Vieillissement démographique = croissance économique
?
Par Frédéric Serrière, Président
Senior Strategic et Expert international des impacts
du vieillissement démographique. www.fredericserriere.com
Avec l'arrivée des millions de baby-boomers
à la retraite en France et dans les pays développés,
l'ancien modèle de consommation dans 3 dernières
décennies est susceptible de changer de façon
spectaculaire, avec notamment une baisse des revenus
disponibles, mais une réorientation des dépenses.
Avec le vieillissement de la population, il sera plus
difficile de faire croître les dépenses
de consommation de la manière dont les pays développés
l'ont connu dans les 30 dernières années.
En vieillissant, les habitants des pays développés
sortent de la période d'acquisition, ou de matérialisme
pour entrer dans étape de vie post-matérielle.
Ce phénomène est d'autant plus important
que les Boomers ont connu des périodes à
l'économie florissante et ont pu acquérir
de nombreux biens.
Consommation et vieillissement : nous sommes
à un tournant
Le vieillissement de la population est en train de
faire évoluer l’âge médian
des consommateurs. Autrement dit, les Seniors sont en
train de devenir majoritaires en nombre, et le sont
déjà en valeur dans beaucoup de secteurs.
C’est un véritable basculement de l’équilibre
des « masses de consommateurs ». Chaque
jour, le nombre de Seniors progresse alors que celui
des moins de 50 ans reste presque stable.
Nous assistons également à un autre phénomène
: le changement dans la consommation des Seniors avec
l’arrivée des baby-boomers. Les personnes
âgées d’hier n’ont pas grand-chose
de commun avec les « nouveaux Seniors »,
comme certains les définissent. En d’autres
termes, nous assistons à une deuxième
modification des équilibres parmi les plus de
50 ans. L’arrivée massive des baby-boomers
à la retraite est en train de faire changer l’image
des Seniors, mais aussi leurs valeurs, leurs modes de
consommation et leurs comportements.
En terme de valeurs, la génération dite
« de mai 1968 » est fort différente
des générations plus anciennes. D’une
société où le collectif avait beaucoup
d’importance, nous évoluons vers plus d’individualisme.
Nous le verrons plus loin, les baby-boomers et leurs
aînés ont vécu leur adolescence
dans des conditions complètement différentes.
Ces différences sont telles que la génération
du baby-boom a marqué la société
tout au long de son évolution en âge. Cette
génération est plus nombreuse et plus
consommatrice que les retraités d’aujourd’hui.
Les changements sont tels que même les entreprises
qui sont présentes sur le marché des Seniors
depuis plusieurs années doivent se remettre en
cause. D’un côté, elles connaissent
souvent parfaitement les retraités d’aujourd’hui
et voient arriver de nouveaux clients plus jeunes, avec
des valeurs, des envies et des attentes différentes.
Il y a quelques années, une entreprise de vente
à distance spécialisée dans le
marché des Seniors décidait de changer
de stratégie. Cette entreprise, vraisemblablement
intéressée par le potentiel que représentaient
les Jeunes Seniors décida de rajeunir ses produits.
Ce fut un échec : les clients les plus âgés
ne se retrouvèrent pas dans les nouveaux produits,
et une partie des jeunes clients ciblés pensaient,
quant à eux, que l’image de cette entreprise
ne leur correspondait pas et a continué d’ignorer
ses produits. Depuis, cette société s’est
repositionnée sur le marché des plus de
60 ans.
Plus ou moins de consommation ?
Les économistes ne sont pas tous d’accord
sur les effets du vieillissement de la population sur
la consommation. C’est surtout l’attitude
de la génération des baby-boomers qui
est incertaine. Cette génération (la plus
aisée et la plus nombreuse, répétons-le)
a été habituée à beaucoup
consommer et on a tendance à penser qu’elle
ne changera pas ses habitudes. Certains experts disent
que les baby-boomers vont révolutionner la retraite
et continuer à consommer sans retenue. Cependant,
de plus en plus de signaux d’alerte, annonçant
un autre scénario, font l’actualité
de la presse spécialisée, qui évoque
les risques possibles d’une chute de la consommation
dans les années à venir parce que la génération
des baby-boomers commencerait à épargner.
En France les 50 – 60 ans surestiment leur retraite
de 30%. En Grande Bretagne 50% d'entre eux pensent gagner
le double de ce qu’ils auront réellement.
Cette réflexion s’appuie sur le fait que
les baby-boomers de beaucoup de pays n’ont pas
assez économisé pour leur retraite. D’autre
part, l’ensemble des gouvernements des pays industrialisés
sont en train de réformer leurs systèmes
de retraite. Nous nous orientons vers des baisses significatives
des pensions de retraite dans les années à
venir. La France va progressivement augmenter le nombre
d’années de cotisation nécessaires
pour percevoir une retraite pleine. À cause du
chômage et des difficultés que rencontrent
sur le marché de l’emploi les salariés
Seniors (les baby-boomers), une partie importante des
plus de 45 ans va voir son niveau de pension fortement
diminuer. Comme la majorité des entreprises ne
pensent pas changer leur politique des ressources humaines
pour les plus de 50 ans, nous demandons en quelque sorte
aux baby-boomers de travailler plus pour toucher une
pension pleine sans donner la possibilité de
travailler à un grand nombre d’entre eux.
En France, cette situation est appelée à
évoluer avec les aides que les gouvernements
envisagent pour inciter les entreprises à conserver
leurs salariés âgés. Une autre solution
préconisée est de rendre plus difficile
l’accès aux préretraites.
Comme nous le voyons, des incertitudes planent sur
le futur niveau de vie des baby-boomers. Dans certains
pays, les États-Unis par exemple, la situation
est encore plus critique. Déjà huit personnes
de 50 ans sur dix déclarent envisager de travailler
pendant leur retraite pour compléter leur pension.
L’un des pires scénarios serait que les
baby-boomers, prenant brutalement conscience de l’ampleur
des effets des réformes des retraites sur leur
futur niveau de vie, se mettent à réduire
leur consommation et à économiser. Ce
scénario engendrerait une baisse de la consommation
qui pourrait être brutale, si on considère
le nombre important de baby-boomers. Les scénarios
les plus optimistes prévoient que les baby-boomers
vont au contraire continuer à dépenser,
que l’activité économique va redémarrer,
ce qui devrait permettre de maintenir le fonctionnement
des systèmes de retraite.
Reste que le pouvoir d’achat des futurs Seniors
restera élevé. C’est plus une redistribution
des dépenses qu’il faut prévoir,
avec une hausse de la consommation dans certains domaines
tels que la santé, les loisirs, la dépendance,
les assurances, et une baisse dans d’autres, comme
l’aménagement de la maison, les déplacements,
etc. Ces prévisions doivent elles-mêmes
être relativisées. La baisse de consommation
et les changements éventuels dans la structure
de la consommation pourraient se faire en plusieurs
étapes. Dans un premier temps, les baby-boomers
continueraient de consommer. Ce ne serait que dans un
deuxième temps, lorsque la peur d’un manque
de revenus serait plus forte, qu’ils pourraient
changer et réduire leur consommation.
Des secteurs en hausse, des secteurs en baisse
Certaines entreprises commencent à réagir
par rapport au vieillissement de la population : «
Nous avons un problème. Nous ne pouvons pas réaliser
suffisamment de profits sur notre clientèle habituelle,
qui a entre 25 et 45 ans, pour atteindre nos objectifs
de croissance dans la prochaine décennie. Il
devient clair que nous devons maintenant cibler les
clients plus âgés qui sont en train de
dominer le marché », nous explique le vice-président
d’un groupe alimentaire européen. Apprêtons-nous
à entendre ce genre de propos de plus en plus
souvent dans les prochaines années.
Le vieillissement de la population est ainsi souvent
perçu comme un problème, mais il s’agit
en fait d’une opportunité de relais de
croissance pour les entreprises. Rappelons-le : nous
assistons actuellement à un choc démographique
sans précédent. Pour plusieurs secteurs
d’activités, ne pas miser sur le marché
des Seniors pourrait bien se révéler fatal.
Ce « déplacement démographique
» va toucher l’ensemble des secteurs d’activités.
Certains vont connaître des croissances exponentielles,
d’autres risquent de voir leur activité
diminuer.
Parmi les secteurs qui pourraient en profiter le plus,
nous pouvons citer l’habitat, les cosmétiques,
une partie de l’alimentation, les loisirs, certaines
branches des assurances et des banques, etc.
Le domaine de la santé est l’un des secteurs
qui va le plus profiter de la croissance du marché
des Seniors. Les activités de la pharmacie et
de la biotechnologie sont promises à un bel avenir,
de même que les services de soins à domicile,
le matériel médical, etc.
Une étude internationale réalisée
en 2010 par l'institut Agetimes indique les secteurs
en hausse ou à la baisse.
En hausse : dépendance, pharmacie,
équipements pharmaceutiques (prothèses,
produits de laboratoires), mode de vie (loisirs, voyages,
bricolage), produits de soin, sécurité,
bien-être, médecine alternative, santé,
fitness, le secteur de l'anti-aging, compléments
alimentaires, les technologies de maintien à
domicile (si pragmatique et financement trouvé
et si elle réduisent des dépenses de santé,
de besoin en personnel médical), les innovation
pour aménager la maison, les produits bio et
plus généralement respectueux de l'environnement,
services de nécessité à la personne...
En baisse : d'une manière générale
le secteur automobile, les secteurs du luxe l'exception
du tr_s haut de gamme, le secteur de l'habitat en campagne,
le secteur des maisons secondaires (par rapport aux
prévisions souvent publiées et après
une hausse), la décoration... et d'autres secteurs
plus surprenants : les souvenirs, gadgets et plus généralement
les biens peu durables n'apportant pas un bénéfice
significatif.
Des cycles de ré-achats plus longs
Tendance à acheter des produits avec plus d'options,
de qualité meilleure pour les garder plus longtemps.
L'exemple du marché automobile au Japon, pays
avec la population la plus âgée au Monde,
est un exemple : avant la crise économique, ce
marché baissait de 7% par an, dont 4% dû
au seul vieillissement démographique d'après
le pdg de Toyota. Les Seniors ont tendance à
acheter des véhicules de plus haut de gamme avec
plus d'options mais gardent plus longtemps leur véhicule
faisant ainsi allonger le cycle de renouvellement. Nous
retrouvons ce phénomène dans d'autres
secteurs comme l'électroménager, les biens
d'équipements...
Une baisse des achats impulsifs. Une hausse
des achats de besoins et de nécessités
Les Seniors sont en train de créer de véritables
ruptures de consommation qui sont actuellement sous-estimées
et cachées par la crise économique. Par
exemple, les achats impulsifs aux USA ont baissé
chez 48% des foyers Baby boomers au début 2008
avant même la crise économique
Ce phénomène est expliqué par
plusieurs études sociologiques et psychologiques
américaines : la génération des
Boomers arrive dans une période importante de
remise en question. « Que vais-je faire de ma
vie ? », « Qu'est-ce qui est important pour
moi ? », « Qu'est-ce qui me rend plus heureux
? ». Les réponses à ces questions
font prendre conscience des limites de la consommation
aux Boomers. « La consommation apportent le plaisir
et très peu souvent le bonheur. Alors que c'est
le bonheur que nous recherchons » explique une
Boomeuses lors d'une étude qualitative réalisée
par Senior Strategic.
Ce phénomène est également constaté
par une étude de Focalyst et de l'AARP aux USA.
Il fait dire à plusieurs économistes que
la génération des Boomers ne relancerait
pas l'économie et que la crise économique
pourrait durer un dizaine d'années dans les pays
occidentaux.
Des restructurations inter-secteurs
Le secteur tourisme illustre bien le phénomène
: alors que les Boomers ont longtemps indiqué
dans les études qu'ils pensaient voyager loin
et longtemps pendant leur retraite, ils changent soudainement
les actes en privilégiant des voyages de courte
durée, plus proches de leur lieu d'habitation,
et la plus part du temps chez des amis. Ce phénomène
est expliqué de plusieurs manières : au
moment d'imaginer leur vie à la retraite, les
Boomers n'ont pas pensé à tous les éléments
: surestimation de 30% de leur futur pension, dépendance
des parents âgés, crise économique...
Ainsi non seulement, le tourisme n'est pas le secteur
le plus prioritaire mais en plus des changements très
importants vont l'affecter. Par exemple, à l'opposé
des générations plus âgées,
les Boomers majoritairement des voyages à la
carte. Cela impose aux professionnels du tourisme de
proposer un plus grand choix de produits et de services,
ce qui demandent souvent des moyens plus importants
que de nombreux offices de tourisme, lieux de vie ou
de visites n'ont pas.
Boomers : une génération toujours
clé mais la fin d'un cycle
C'est la génération qui va redevenir
importante aux yeux des entreprises.
C'est la génération qui va redistribuer
les cartes entre les secteurs économiques
C'est la génération qui va être
source de croissance pour certains secteurs
C'est la génération qui va changer l'image
du vieillissement et de la retraite
Par Frédéric Serrière le 18-05-2010
Les
offres de Senior
Strategic Global
Définir, analyser, chiffrer avec
la direction générale de ses clients
les différentes stratégies
pour développer des technologies
à destination des retraités non-dépendants
ou dépendants. Assurer le suivi de la mise
en place de la stratégie retenue.
Quantifier le potentiel du marché
national et local pour obtenir la rentabilité
désirée via le développement
d'une technologie.
Définition des services en fonction des
générations et des profils de Seniors
qui utiliseront les produits et services
Certaines technologies sont demandées
par les jeunes Seniors mais encore peu utilisées
(ordinateurs simplifiés, téléphones
adaptés...). Certaines sont consommés
par les Seniors dépendants par nécessité.
Détection des secteurs à fort potentiel
avec un besoin en terme de technologies pour les
Seniors
De nombreux projets sur les technologies
n'ont pas d'avenir en raison de la question du
financement. Il s'agit de clarifier la situation.
Définition et suivi de la mise
en place des stratégies de commercialisation
de façon à pénétrer
les circuits de distribution et à réduire
au maximum les délais d'acceptation des
nouvelles technologies par les Seniors.
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Obtenir le document "Métiers,
Idées, Solutions pour les Directions Générales
par Senior Strategic Global" contactez-nous
: 01 46 36 53 27
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